Kep sur Mer - L'Angkor du modernisme cambogdien.

L’histoire du pays a marqué cette station balnéaire, qui aujourd’hui renait de ses cendres, mais voit dépérir des merveilles de l’architecture moderniste cambodgienne.

Située à quelques kilomètres de la ville de Kep, ce petit bout de corniche, fraichement exposé, et vallonné d’une montagne, rappelle certains paysages méditerannéens.

À l’origine aucun village n’occupait ce petit bout de côte. Mais, dans les années 20, avec l’engouement français pour les stations climatiques sur la côte d’opale cambodgienne, le gouvernement colonial décide de fonder Kep sur Mer.

Cette station balnéaire prend son essor dans les années 50, quand le roi Sihanouk décide d’y installer sa villa et de faire de la ville, la nouvelle riviera cambodgienne. Dans cette Saint Tropez Khmère, en quelques années, toute l’aristocratie de Phnom Penh (situé à 150km de là), s’empresse de faire construire sa résidence secondaire. Du sable blanc de Sihanoukville, est même importé sur les plages de Kep, pour donner encore plus de glamour à cette croisette naissante. Pendant deux décennies, d’innombrables fêtes et réceptions sont données dans ces villas, symbole du luxe et de l’élite cambodgienne.

Pour leurs projets de construction, les riches propriétaires se tournent alors vers la nouvelle vague architecturale de l’époque, plébiscité par le roi, les architectes khmers de l’école parisiennes ENSBA. Élève de Le Corbusier, Vann Molyvann sera l’un des grands acteurs du modernisme cambodgien. Employant le béton armée, il adapte les concepts du modernisme à la culture et au climat khmer. Architecte de nombreux monuments d’état cambodgiens d’après l’indépendance (1950-1970), il réalise à Kep de nombreuses villas, aux formes toutes surprenantes.

Avec l’arrivée au pouvoir des khmères rouges, ce symbole du luxe est ravagé par les destructions et les pillages. Prônant un retour aux racines angkoriennes, et rejetant tout modernisme architectural, les khmeres rouges laissent disparaitre dans l’indifférrence ce pan du patrimoine cambodgien.

Envahi par la végétation, il ne reste aujourd’hui qu’une vingtaine de ruines de cette parenthèse architecturale. Certaines des villas les plus prestigieuses ont été restaurées pour accueillir des résidences de luxe, comme la villa Romonea et la villa bleu de l’hotel Knai Bang Chatt. Mais la majorité des pans de bétons encore debout disparaissent, recouverts par la broussaille.

Lors de ma visite, certaines villas étaient sujettes à des rénovations pour le moins originales. Avec l’ ajout d’escalier monumental, de balustres et colonnades, ces rénovations défigurent toute l’âme et le style originel, pour reprendre les symboles classiques dont sont friands les riches propriétaires cambodgiens.

Un exemple de rénovation, d’une villa du marché au crabe.

Avant

Après

Plusieurs associations tentent de préserver certaines villas, mais la spéculation immobilière et les grands programmes hôteliers ont souvent raison des nombreuses parcelles. Dans leurs exodes, les architectes ne purent emportez leurs travaux et dessins des villas. Aujourd’hui très peu de documents et d’archives témoignent de ce jeune passé de 50 ans, le condamnant malheureusement à l’oubli.

Pour aller plus loin:

http://www.failedarchitecture.com/the-sudden-death-of-cambodias-homegrown-modernism/

http://www.bassifondi.com/page5/files/6d5cb37a2108f8ff4343042d04eb26be-10.html


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